OLIVIER THOMAS

Biographie :
1/ Depuis quand dessinez-vous ? A quel moment tout ça à commencé et pourquoi ?
Je dessine depuis à peu près toujours, depuis tout petit, quoi ! Mais j’ai commencé à penser à la BD un peu plus tard : dans ma famille, il y avait pas mal de BD de toutes sortes, ce qui fait que j’ai baigné dedans depuis le début. C’est au lycée que je me suis pris de passion pour la BD. Il y avait en ville (la grande ville : Brest, pour moi qui venais de la campagne autour) une librairie géniale, qui existe toujours, "Dialogues", où on pouvait lire d’autres BD que ce qu’il y avait chez moi. On nous laissait nous asseoir par terre et bouquiner toute l’heure de midi... J’avais quelques amis qui en lisaient beaucoup aussi, alors on discutait, on échangeait. De fil en aiguille, on a commencé à essayer d’en faire ensemble, ils avaient des idées d’histoires, moi, je dessinais. Le résultat n’était pas fameux, mais on rigolait bien. Depuis ce moment-là, je n’ai plus cessé. L’étape suivante pour moi a eu lieu à Marseille, où j’étais pour étudier (pas la BD, ni le dessin). C’est là-bas que j’ai rencontré pour la première fois de "vrais" auteurs de BD, qui m’ont beaucoup appris et filé plein de conseils, pendant des cours du soir qui avaient lieu tous les 15 joursdans leur association de l’époque. Il s’agissait de Jean-Louis Mourier et Herlé, c’est grâce à eux que j’ai compris que ça pouvait être un vrai métier, de faire des BD, jusque-là c’était plutôt abstrait pour moi. Ensuite, il y a eu l’atelier Gotverdom, à Aix-en-Provence, où oeuvraient, entre autres, Arleston et Tarquin, avec leur série phare Lanfeust de troy, autour de laquelle se faisait un mensuel, "Lanfeust mag", dans lequel j’ai été publié pour la première fois, avec une petite histoire de 6 pages écrite par Dominique Latil. Peu après, ou pendant, je ne sais plus, j’ai rencontré Eric Stoffel, avec qui j’ai fait Arvandor, et démarré comme professionnel. Auparavant, j’avais passé 6 mois dans un petit studio de dessin animé, à Marseille aussi, où j’avais beaucoup appris. Les dessinateurs qui bossaient là, une dizaine, étaient tous des jeunes comme moi, et c’est avec eux qu’on a monté ensuite le "Zarmatelier" (sur l’impulsion de Richard Di Martino et Bruno Bessadi, toujours les piliers de l’affaire à ce jour).
2/ Pourquoi la BD ? Si je le savais... Peut-être parce que ça condense plusieurs choses qui me passionnent : les dessins, bien sûr, mais aussi le fait de raconter une histoire, de la "mettre en scène"... C’est comme un cinéma en plus petit, où les images ne bougent pas, et où on peut tout faire soi-même : comédien, accessoiriste, réalisateur, dialoguiste, cascadeur... D’ailleurs, il vaut mieux savoir faire un peu de tout ça pour s’en sortir ! En fait, ce qui m’a toujours fasciné dans la BD, c’est tout ce qu’on arrive à raconter, suggérer, faire sentir, simplement en laissant du blanc entre 2 cases. C’est vraiment sans fin, et c’est toujours le lecteur qui reconstruit le déroulement de l’histoire (mentalement, si j’ose dire)...
Bon, sinon, la BD me convient bien car on peut rester travailler à la maison sans se taper 2h de transports tous les jours, et on échappe un peu à tout ce que peut avoir de pénible ce qu’on appelle le marché de l’emploi, la culture d’entreprise, etc... Ce n’est pas forcément évident de s’en sortir en ne voulant faire, comme moi, que des dessins (c’est même souvent très hasardeux), mais j’y trouve beaucoup de bonheur, c’est très précieux de pouvoir faire ça. Enfin... j’ai surtout de la chance d’être en France, car il y a peu d’endroits dans le monde où ce milieu est aussi vivant.
3/ Vous avez dessiné les trilogies de ARVANDOR et de SANS PITIE. Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Mes inspirations sont très diverses, il peu s’agir de BDs, de films, de livres, de musique aussi, curieusement... mais c’est la réalité qui me touche le plus, les histoires des humains tels qu’ils sont, avec leurs amours et leurs haines, le beau et le dégueulasse, les sentiments, le hasard...
4/ Quels thèmes préférés vous travaillez et pourquoi ?
Mon univers préféré, c’est notre monde contemporain. On ne parle bien que de ce qu’on connaît, aussi, j’essaie de me consacrer à des histoires contemporaines, qui m’emmènent souvent vers le polar ou le roman noir, des genres que j’apprécie beaucoup comme lecteur, car ils permettent de raconter beaucoup de choses sur nous-mêmes.