Brigitte Thévenin, nouvelle secrétaire du Festival

Article du Télégramme du 04/03/2012

Brigitte Thévenin qui fut longtemps la « voix » de la matinale de France Inter, réside aujourd’hui à la Pointe de Trévignon, où elle a acheté une maison en 1998. La secrétaire du Chien jaune y passe une retraite heureuse.

Adolescente, elle rêvait déjà de devenir journaliste. Une profession dont elle avait, comme beaucoup, une image d’Épinal. Elle se voyait parcourir le monde, le stylo entre les dents, racontant ce qu’elle voyait à ses lecteurs. Si, finalement, Brigitte Becker-Thévenin a découvert un métier moins trépidant qu’elle ne l’imaginait, elle ne regrette à aucun moment une carrière effectuée principalement à France Inter. De 1998 à 2010, elle fut, le week-end, la « voix » de la radio nationale.

Le siège d’Henri Sannier

Née à Paris, élevée en Normandie par ses grands-parents, elle file à 19 ans en Angleterre, où elle résidera deux ans, avant de retourner en France pour faire le siège du bureau d’Henri Sannier, alors patron de France 3 Caen. « J’ai appris mon métier sur le terrain. Au départ, je faisais des piges, je n’étais pas titulaire ». Brigitte Becker apprend beaucoup au contact d’un journaliste passionné par son travail de localier, Charles Mélingue. « Il n’imaginait pas faire des reportages ailleurs qu’en province », se souvient-elle. Rentrée à Paris, elle participe un temps à la grande aventure de Canal+, pige pour Radio France Internationale.

L’interview de Raymond Aaron

Celle pour qui « le journalisme n’est pas une passion, mais la vie tout simplement », évoque sa rencontre avec le sociologue Raymond Aaron, en 1982. « J’étais une petite débutante, très impressionnée par la personnalité de ce grand monsieur. C’est lui, en fait, qui m’a interviewée », avoue-t-elle, amusée. Sept ans plus tard, la journaliste a pris de l’épaisseur. Ivan Levaï, directeur de la rédaction de France Inter lui confie le journal de 7h30. « C’était pour moi une sorte de consécration. Faire la matinale de France Inter, c’était comme faire le 20heures du JT ». A cette heure-là, dans les couloirs et les studios de Radio France, on voit défiler tout le pouvoir. On croise des ministres, des VIP, ceux qui font et défont le monde. « J’ai vécu en direct la chute du mur de Berlin, la fin du régime de Ceausescu. Nous sommes au coeur de l’histoire en marche », révèle-t-elle.

Le téléphone d’Elie Wiesel

Une expérience enrichissante donc, mais fatigante. « Parce qu’il faut préparer le journal dès deux heures du matin », explique la Bretonne d’adoption. L’expérience ne durera que deux ans. Brigitte Becker-Thévenin se souvient aussi avec émotion de ses interviews de Samuel Beckett réputé peu bavard, d’Alain Peyrefitte, alors ministre de la Justice et d’Elie Wiesel dont elle a gardé les coordonnées téléphoniques. « Forcément, on se sent important quand on a le numéro personnel d’un prix Nobel de la paix », blague-t-elle. « Plus sérieusement, je peux vous assurer qu’on se sent très humble face à des gens aussi remarquables », conclut-elle.

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