Hervé Commère dans le Télégramme du 03 juin


Auteur du polar « Les ronds dans l’eau », romancier à la fois comblé par son destin et malicieux, Hervé Commère sera, début juillet, l’un des invités du Festival du Chien Jaune.

À 37 ans, il a déjà vécu plusieurs vies. Comme les chats à qui on en prête neuf. Hervé Commère n’en est pas encore tout à fait là. Étudiant en lettres modernes à Rouen, barman dans des brasseries françaises et anglaises, à la montagne et à la mer, propriétaire de deux bars de jazz en Normandie, puis d’un petit estaminet de restauration rapide à Rennes et enfin écrivain de polar... « J’ai toujours voulu être acteur de ma vie, me sentir exister. Un enseignement délivré par mon père. Aujourd’hui, je recherche un peu plus le calme. L’action est dorénavant dans mes livres », assure-t-il avec espièglerie.

Polar sans policiers
Né à Rouen d’une famille de brocanteurs, musiciens, touche-à-tout, Hervé Commère a été très influencé par une éducation originale. « Depuis que je suis gamin, je fais travailler mon imaginaire. Mon premier livre, je l’ai écrit à 8 ans. Encore maintenant, je ne m’endors jamais sans me raconter une histoire ». Avec pour l’instant deux romans publiés, le fiancé heureux de la Trégunoise Chloé n’a pas la prétention d’avoir un style, ni d’être reconnaissable entre mille (auteurs). Même si, oui, il attache une grande importance à la narration, aux mots, à la musique de la phrase, à l’intrigue. Une intrigue avec des morts mais sans policiers. Une intrigue avec des personnages qui toujours se croisent et s’aiment parfois. Alors ? « Les ronds dans l’eau », vrai polar ou roman d’amour ?... Polar, affirme son éditrice qui sait forcément tout.

Un témoin attentif
Durant des années, dans ses bars de jazz enfumés, fermés à l’heure réglementaire de 2h du matin, Hervé s’est nourri de rencontres fugitives mais fantastiques. « J’ai été le témoin de situations et de dialogues extraordinaires. J’étais au théâtre tous les soirs. Et puis, j’ai arrêté cette vie nocturne, c’était usant à la longue. J’utilise désormais tout ce matériau quand je suis devant ma table d’écriture », indique-t-il. « Étudiant, je ne rêvais que d’une chose : écrire des romans. L’idée de découvrir mon propre livre dans la vitrine d’une librairie, ça m’éblouissait ».

La vie de ses romans
Le rêve est devenu réalité. Tout d’abord avec « J’attraperai ta mort » (2009). Il créait Yvan, le personnage principal de son deuxième ouvrage, deux ans plus tard. « Parfois, je me demande ce qu’il devient », s’interroge-t-il en souriant. Et puis, Hervé a découvert quelque chose de tout aussi gigantesque que ses livres dans les vitrines des librairies : les lecteurs, ses lecteurs. « Je les rencontre lors de séances de dédicace ou de lecture. Ils ont un avis sur mes personnages, sur leurs traits de caractère. Mon livre ne m’appartient plus. Il vit de ses propres ailes dans l’imaginaire de ceux qui l’ont lu », s’étonne encore, avec éblouissement, le Tréguncois de coeur.

Isabelle Calvez

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